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Cavaliers et gares

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Zoom sur

Dans les années 1820-1830, l’association de deux inventions, le rail d’acier et la locomotive à vapeur, fait naître le chemin de fer, permettant aux marchandises de circuler plus rapidement et à coûts réduits. En 1838, la Compagnie des Mines d’Anzin débute les travaux d’une des toutes premières lignes de chemin de fer en France avec un écartement standard de 1,435 mètres. Construite jusqu’en 1874, cette ligne de 40 kilomètres relie l’ensemble des fosses de la Compagnie, de Somain à Peruweltz (Belgique). Une partie de cette ancienne voie ferrée (cavalier) est aujourd’hui requalifiée à des fins de loisirs. Des signaux, des postes d’aiguillage et certaines gares d’origine comme la gare Saint-Waast (1838) à Valenciennes et la gare de Fresnes-sur-Escaut (1874) ont été conservées.

Cavalier à Haisnes-Lez-La Bassée. Hubert Bouvet

Cavalier à Haisnes-Lez-La Bassée

Cavalier à Avion. Hubert Bouvet

Cavalier à Avion

Cavalier à Barlin. Hubert Bouvet

Cavalier à Barlin

La gare Saint-Waast à Valenciennes

La gare Saint-Waast à Valenciennes

Tronçon de cavalier à Haveluy. Hubert Bouvet

Tronçon de cavalier à Haveluy

Ouvrage d’art, franchissement de l’Escaut de Vieux-Condé à Fresnes-sur-Escaut

Ouvrage d’art, franchissement de l’Escaut de Vieux-Condé à Fresnes-sur-Escaut

Fonctionnant comme des entités autonomes, les Compagnies minières avaient chacune leur propre réseau de cavaliers. Leur construction pouvait obéir à trois techniques différentes : la pose des rails au niveau du sol, la construction en déblai, c’est-à-dire par enlèvement des terres pour abaisser le sol et la construction en remblai, les voies étant surélevées sur des talus de schistes supportant les voies ferrées. Leur mise en place s’est accompagnée de ponts, « d’ouvrages d’art », permettant le franchissement d’autres lignes de chemin de fer, de routes et de ruelles, de canaux ou de ruisseaux. Le charbon était ainsi transporté jusqu’aux lieux de raccordement communs. Les gares de triage de Somain, située à l’Est, et celle de Lens, au centre du Bassin minier, ont ainsi été les noeux ferroviaires de l’expédition du charbon.

Toutefois, un tiers du charbon était expédié par voies fluviales : Deûle, Scarpe, Escaut ; canal de Lens, canal de Mons, canal d’Aire… Avec l’arrivée des chemins de fer sur les carreaux, les berlines arrivaient directement par rail aux quais d’embarquement. Dans un premier temps, ce sont des ouvrières qui chargent les péniches. A la fin du 19e siècle, les péniches sont placées directement sous des wagons qui déchargent dans les soutes. Ce système est sans cesse perfectionné par la suite, et notamment après la Nationalisation. La plupart des gares d’eau et des rivages d’embarquement ont aujourd’hui fait l’objet d’une requalification paysagère, devenant des plans d’eau, des parcs urbains ou des espaces de loisirs.

Avec la fin de l’exploitation minière, les cavaliers ont perdu leur fonction première de transport. Mais ils font l’objet d’une attention particulière depuis quelques années, notamment en devenant des réseaux de circulation douce (itinéraires piétons, vélos,…non motorisés). Certains sont également devenus de véritables couloirs de déplacement pour la faune et la flore. Sur le plan patrimonial, les cavaliers sont des éléments fondamentaux pour la compréhension des modes d’expédition du charbon mais aussi pour les liens qu’ils constituent entre d’autres types de patrimoine : fosses, chevalements, terrils, cités minières.

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